Lyon, cinquième du nom

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Quatre ans que cela dure et l'Olympique Lyonnais n'est pas rassasié. Après quatre titres de champion de France, l'OL ne rêve que de conquérir, à l'occasion de la saison de L1 qui s'ouvre vendredi, une cinquième couronne de rang. Mais après trois ans passés sous les ordres de Paul Le Guen, les Champions de France entament une nouvelle ère, pris en charge par un Gérard Houllier de retour au pays. Un changement majeur qui vient contrebalancer la politique très ambitieuse de Jean-Michel Aulas capable, jusqu'à maintenant, de conserver tous les cadres convoités de son effectif. Les mauvaises langues et autres oiseaux de mauvaise augure y verront un signe... Finalistes malheureux de la Coupe de la Paix, en Corée du Sud, où ils ont été lourdement battus (1-3) dimanche face aux Anglais de Tottenham, les Champions de France lyonnais occupaient à l'occasion de leur séjour coréen les mêmes installations que l'équipe de France de Roger Lemerre lors de sa calamiteuse Coupe du monde en Asie en 2002. Toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existés ne serait que pure coïncidence... D'autant que les Lyonnais, s'ils n'ont signé en quatre matches disputés lors de ce tournoi amical qu'une seule victoire face au club local de Seongnam Ilhwa, sixième du championnat coréen, n'ont pas été loin d'y glaner d'entrée un énième trophée. Le culte de la victoire si cher à Jean-Michel Aulas n'a pourtant pas survécu à une finale jouée à l'envers où la fatigue, le décalage horaire et les conditions météo ont eu raison de la soif de succès du groupe lyonnais. Un échec sans conséquence mais un échec tout de même... Suffisamment rare chez des Gones, rentrés épuisés de leur long périple à deux jours de disputer le Trophée des Champions à Auxerre, pour être souligné. Houllier attendu au tournant Nous avons les possibilités de bien figurer sur tous les tableaux mais cela passe par la conservation de notre bonne habitude de gagner. Ainsi parlait Gérard Houllier à son arrivée dans le Rhône pour prendre la difficile succession de Paul Le Guen, désireux de franchir ailleurs un palier après avoir fait le tour de la question lyonnaise. A 57 ans, l'ancien entraîneur du Paris SG, de l'équipe de France et de Liverpool s'offre un défi majuscule, un pari terriblement dangereux où l'échec, s'il devait être au rendez-vous, lui serait forcément pour l'essentiel personnellement imputé. Avec l'image d'un technicien certes expérimenté mais qui a peut-être perdu le sens des réalités d'un championnat qu'il a quitté il y a de très longues années, Houllier, qui souffre aussi de l'épisode France-Bulgarie, se sait attendu au tournant. A l'heure de découvrir cette nouvelle Formule 1 à laquelle il était tenu de s'adapter et non l'inverse, selon les propres termes du président Aulas, Houllier ne tarissait récemment pas d'éloges sur son groupe: "Comme je l'ai déjà dit, je demeure toujours aussi impressionné par ce groupe qui ne se départit pas de son âme de compétiteur. Cela augure d'une bonne saison. Cet effectif a le potentiel pour évoluer dans les meilleures sphères." Et les meilleures sphères, cela signifie en premier lieu la Ligue des Champions, dont la finale aura pour cadre en juin prochain le Stade de France, et qui fait figure de Graal n°1 pour le président Aulas. Si Lyon reste plus que jamais en quête d'un cinquième sacre national, qui le ferait entrer à jamais dans la légende du football français avec un exploit inédit à ce jour, l'Europe s'affirme année après année comme la belle inaccessible que tout l'OL rêve de séduire enfin. La dramatique et cruelle élimination face au PSV Eindhoven la saison passée n'a fait qu'affirmer cette quête continentale. Et Jean-Michel Aulas, s'il n'a pas affolé le marché des transferts, a tenu à affirmer les ambitions de son club comme un grand d'Europe, en résistant au dépeçage qui menaçait son effectif. Aucun cadre de la saison dernière n'a quitté à ce jour le navire et c'est déjà d'une certaine façon, une victoire pour le président lyonnais qui a par ailleurs sérieusement et avantageusement peaufiné son groupe avec les arrivées de Benoît Pedretti, Sylvain Monsoreau et John Carew. Même si l'on doute pour ce dernier que le Norvégien soit ce tueur devant le but qui, dans les matches couperets, semble toujours manquer à l'OL... Faut-il lâcher Essien? Même Sidney Govou, auquel avait été accordé un bon de sortie, semble appelé à rempiler pour une saison supplémentaire et à porter le brassard de capitaine cette saison. Quant à Mickael Essien, le Ghanéen reste joueur de l'OL jusqu'à nouvel ordre en dépit des approches répétées de Chelsea et des atermoiements de l'intéressé. Mais Aulas peut-il aller ainsi à l'encontre de la volonté du joueur, qui n'en finit plus d'afficher son mal-être, au risque d'entamer la saison dans ce climat délicat et de mettre en péril l'ambiance du vestiaire? Le président n'en démord pas, ce sera 45 millions d'euros ou rien! Un départ qui laisserait un grand vide dans l'entrejeu lyonnais, sans doute quasiment impossible à combler, avec tout le respect que l'on peut avoir pour Jérémy Toulalan pressenti pour succéder à Essien en cas d'exil londonien. Gérard Houllier, lui, n'en démord pourtant pas, plus que jamais admiratif de l'état d'esprit qui règne dans son groupe: "Il apparaît parfaitement armé, tant au niveau de la quantité que de la qualité, pour tout gagner. Ce sont de grands compétiteurs, des gagneurs, qui savent oublier les succès passés pour mieux préparer les victoires à venir." Les Champions sont lâchés, à eux de jouer!

jeudi 28 juillet 2005 18:33



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